La Bruyère et les moralistes au dix-septième siècle

 

La Bruyère

Ø  La Bruyère est né en 1645

Ø  Son père était contrôleur des rentes sur l'Hôtel de ville

Ø  Son grand-père en avait acheté la charge et servait de Secrétaire de la Chambre du roi

l    C'est ainsi que la famille a acquis le surnom "La Bruyère"

l    Toutefois, c'étaient des bourgeois d'origine.

 

La Bruyère

Ø   La Bruyère devient tuteur du jeune Louis de Bourbon, petit-fils du Grand Condé.

Ø   Après la mort de Condé, La Bruyère, toujours attaché à cette grande famille, devient Gentilhomme de M. le Duc.

l     La Bruyère est donc, automatiquement, courtisan.

l     C'est un rôle qu'il n'a jamais aimé jouer.

l     Pas très habile dans la vie de cour

l     dans des antichambres, sur des escaliers…

 

Les Caractères

Ø  1688 Les Caractères de Théophraste traduits du grec, avec les caractères ou les mœurs de ce siècle.

l    Un très grand succès, plusieurs éditions dans les années 1690.

 

Théophraste

Ø  Un moraliste grec, disciple d'Aristote

Ø  v. 372 (Athènes) - 287 av. J.C.

Ø  travaux de botanique, une Histoire des plantes

Ø  receuils d'études morales et de portraits pittoresques qui sont à la base de l'œuvre de La Bruyère

 

La Bruyère

Ø  1693 La Bruyère est reçu membre de l'Académie Française.

Ø  Dans la fameuse Querelle des Anciens et des Modernes, La Bruyère prend parti pour les anciens.

Ø  8e et dernière édition des Caractères paraît en 1694.

Ø  1696 la mort de La Bruyère.

 

Qu'est-ce qu'un moraliste?

Ø    A moralist writer . . . was not simply a moralistic one, but one who studied "morals" in the sense of customs or manners (mœurs) (Georges Van den Abbeele, New History of French Literature, Harvard UP, 1989).

Ø    Insofar as their descriptions of human foibles drew upon abstract moral qualities as agents of behavior, the moralists anticipated the distinction between psychology and sociology and conceptually occupied a terrain in between.

Ø    a critique of humankind

Ø    The moralist text . . . serves as a diagnostic mirror, one that probes the ego's duplicities, defects, and disguises.

 

La Rochefoucauld

Ø  Les Maximes

Ø  1665-1678

 

Les Maximes (choix)

Ø    La vérité ne fait pas tant de bien dans le monde que ses apparences y font de mal. #64

 

Ø    Nous plaisons plus souvent dans le commerce de la vie par nos défauts que par nos bonnes qualités. #90

 

Ø    L'esprit est toujours la dupe du cœur. #102

 

Ø    On est quelquefois aussi différent de soi-même que des autres. #135

 

Ø    Les vertus se perdent dans l'intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer. #171

 

La Fontaine

Ø  Les Fables

Ø  1668-1693

L'ANE VETU DE LA PEAU DU LION

Ø      De la peau du Lion l'Ane s'étant vêtu

Ø                Etait criant partout à la ronde,

Ø                Et bien qu'animal sans vertu,

Ø                Il faisait trembler tout le monde.

Ø      Un petit bout d'oreille échappé par malheur

Ø                Decouvrit la fourbe et l'erreur.

Ø                Martin fit alors son office.

Ø      Ceux qui ne savaient pas la ruse et la malice

Ø                S'étonnaient de voir que Martin

Ø                Chassât les Lions au moulin.

 

Ø                Force gens font du bruit en France,

Ø      Par qui cet Apologue est rendu familier.

Ø                Un équipage cavalier

Ø                Fait les trois quarts de leur vaillance.

 

 

Des ouvrages de l'esprit

Question préliminaire

 

l    Quels sont les thèmes ou les idées centrales de ce premier chapitre?

Tout est dit, et l'on vient trop tard depuis plus de sept mille ans qu'il y a des hommes et qui pensent.

C'est un métier que de faire un livre, comme de faire une pendule: il faut plus que de l'esprit pour être auteur. (3)

 

7: médiocrité et poésie

Ø  cf. Oronte dans Le Misanthrope

 

9

Ø  L'on n'a guère vu jusques à présent un chef-d'œuvre d'esprit qui soit l'ouvrage de plusieurs: Homère a fait l'Iliade, Virgile l'Enéide, Tite-Live ses Décades, et l'Orateur romain ses Oraisons.

l    et les salons?

l    Scudéry?

l    Lafayette?

l    La Rochefoucauld?

 

12

Ø  Identifiez une figure de style dans ce passage.

 

14

Ø  bien définir

Ø  bien peindre

Ø  les écrivains et leurs images

l    ekphrasis

 

Les anciens et les modernes

Ø  Qu'est-ce qu'il dit à propos des anciens et des modernes?

 

17

Ø  Comment faut-il écrire?

 

24

Ø  le point de vue d'Arsène

Ø  commentez l'importance de la perspective dans ce passage

Ø  En quoi ce passage est-il ironique?

 

34: le philosophe

Ø  Le philosophe consume sa vie à observer les hommes, et il use ses esprits à en démêler les vices et le ridicule

Ø  … Il porte plus haut ses projets…

 

37

Ø  les femmes et l'écriture épistolaire

Ø  que dit La Bruyère à propos des lettres des femmes?

 

53

Ø  Il semble que le roman et la comédie pourraient être aussi utiles qu'ils sont nuisibles.

l    expliquez

 

54

Ø  quelle est la différence, selon La Bruyère, entre Corneille et Racine?

 

55: figures de rhétorique

 

Ø  Les synonymes sont plusieurs dictions ou plusieurs phrases différentes qui signifient une même chose. L'antithèse est une opposition de deux vérités qui se donnent du jour l'une à l'autre. La métaphore ou la comparaison emprunte d'une chose étrangère une image sensible et naturelle d'une vérité. L'hyperbole exprime au delà de la vérité pour ramener l'esprit à la mieux connaître. .

62

Ø  Il y a des esprits, si je l'ose dire, inférieurs et subalternes, qui ne semblent faits que pour être le recueil, le registre, ou le magasin de toutes les productions des autres génies : ils sont plagiaires, traducteurs, compilateurs; ils ne pensent point...

l    que pensez-vous de cette perspective?

 

69

Ø  Analysez comment La Bruyère revient au point de départ

 

Du mérite personnel

Ø  Quelle est la conception du "monde" dans #1?

Ø  #2 quelle est l'importance de la perspective visuelle? Cf. #24

5

Ø  Personne presque ne s'avise de lui-même du mérite d'un autre.

  

Ø  Les hommes sont trop occupes d'eux-mêmes pour avoir le loisir de pénétrer ou de discerner les autres.

 

10

Ø  Qu'est-ce qu'il faut faire pendant son enfance?

Ø  Comparez avec Du coeur #48

 

11

Ø  Comparez la fin du #11 à la Princesse de Clèves

 

17

Ø  Quelle est l'analogie qui lance la réflexion dans #17?

 

22

Ø  comment La Bruyère evoque-t-il la géographie et l'astronomie pour parler de sa société?

 

27

Ø  Apparences et équipage

Ø  Les montres du XVIIe s.

 

40

Ø  Ménippe est l'oiseau paré de divers plumages qui ne sont pas à lui.

Ø  cf. L'Ane vêtu de la peau du Lion

 

Des femmes

Ø  serait-il juste ou injuste evers les femmes?

 

5

Ø  La parure

Ø  Est-ce qu'il traite la femme comme un objet ici?

 

13

Ø  Une belle femme qui a les qualités d'un honnête homme est ce qu'il y a au monde d'un commerce plus délicieux : l'on trouve en elle tout le mérite des deux sexes.

 

24

Ø  Comparez #24 et la Clélie

 

29

Ø  Comment La Bruyère construit-il les espaces dont il est question ici (ville, cour, ruelle...)?

 

35

Ø  Comparez avec La Princesse de Clèves

 

44

Ø  analysez l'ironie et l'antithèse

 

46

Ø  Mme de Tournon?

 

48

Ø  Il y a une fausse modestie qui est vanité, une fausse gloire qui est légèreté, une fausse grandeur qui est petitesse, une fausse vertu qui est hypocrisie, une fausse sagesse qui est pruderie.

 

49

Ø  Les femmes et le savoir

 

53

Ø  Les femmes sont extrêmes : elles sont meilleures ou pires que les hommes.

 

honnête homme / honnête femme

Ø  http://www.chass.utoronto.ca/epc/chwp/baider/

Ø  http://humanities.uchicago.edu/orgs/ARTFL/

 

Du coeur

 

3

Ø  Quelle est la temporalité de l'amour vs. l'amitié?

 

34

Ø  Cesser d'aimer, preuve sensible que l'homme est borné, et que le cœur a ses limites.

l    cf. Du mérite personnel, #34

 

64

Ø  Analysez la notion du temps dans ce passage.

 

Sujets

Ø  le temps

Ø  serait-il juste ou injuste evers les femmes?

Ø  les apparences

Ø  les vêtements

Ø  la fausseté

Ø  les espaces de la ville, de la cour, de la province

Ø  la conception du monde et de l'univers

 

Le Style de La Bruyère

Ø  répétition

Ø  énumération

Ø  concision

Ø  antithèses

Ø  ironie

 

#9

Ø  Arrias a tout lu, a tout vu, il veut le persuader ainsi; c’est un homme universel, et il se donne pour tel : il aime mieux mentire que de se taire ou de paraître ignorer quelque chose.

 

#15

Ø  Il y a des gens qui parlent un moment avant que d’avoir pensé. Il y en a d’autres qui ont une fade attention à ce qu’ils disent, et avec qui l’on souffre dans la conversation de tout le travail de leur esprit…

 

#68

Ø  Il a régné pendant quelque temps une sorte de conversation fade et puérile, qui roulait toute sur des questions frivoles qui avaient relation au coeur et à ce qu’on appelle passion ou tendresse. La lecture de quelques romans les avait introduites parmi les plus honnêtes gens de la ville et de la cour; ils s’en sont défaits, et la bourgeoisie les a reçues avec les pointes et les équivoques.

 

De la ville

1

Ø  L'on ne peut se passer de ce même monde que l'on n'aime point, et dont l'on se moque.

l    commentez ce constat dans le contexte du monde d'aujourd'hui

 

4

Ø  La ville est partagée en diverses sociétés, qui sont comme autant de petites republiques, qui ont leurs lois, leurs usages, leur jargon, et leurs mots pour rire. . . . L'homme du monde d'un meilleur esprit, que le hasard a porté au milieu d'eux, leur est etranger : il se trouve là comme dans un pays lointain, dont il ne connaît ni les routes, ni la langue, ni les mœurs, ni la coutume...

 

12

Ø  Narcisse se lève le matin pour se coucher le soir . . . . Il fera demain ce qu'il fait aujourd'hui et ce qu'il fit hier; et il meurt ainsi après avoir vécu.

l    Analysez le rapport entre le temps et l'ironie

 

15

Ø  Quel est le rapport entre la ville de Paris et la cour de Versailles?

l    Cf. #16

 

21

Ø  Quel est le rapport entre la ville et la campagne?

 

22

Ø  A comparer avec la culture de l'automobile au XXIe siècle

 

De la cour

2

Ø   Un homme qui sait la cour est maître de son geste, de ses yeux et de son visage; il est profond, impénétrable; il dissimule les mauvais offices, sourit à ses ennemis, contraint son humeur, déguise ses passions, dément son cœur, parle, agit contre ses sentiments. Tout ce grand raffinement n'est qu'un vice, que l'on appelle fausseté, quelquefois aussi inutile au courtisan pour sa fortune, que la franchise, la sincérité et la vertu.

 

6

Ø  La province est l'endroit d'où la cour, comme dans son point de vue, paraît une chose admirable : si l'on s'en approche, ses agréments diminuent, comme ceux d'une perspective que l'on voit de trop près.

l    cf. De la société et de la conversation, #49

 

9

Ø  La cour comme "nouveau monde"

 

30

Ø  Combien de gens vous étouffent de caresses dans le particulier, vous aiment et vous estiment, qui sont embarrassés de vous dans le public, et qui, au lever ou à la messe, évitent vos yeux et votre rencontre! Il n'y a qu'un petit nombre de courtisans qui, par grandeur, ou par une confiance qu'ils ont d'eux-mêmes, osent honorer devant le monde le mérite qui est seul et dénué de grands établissements.

 

63

Ø   Il y a un pays où les joies sont visibles, mais fausses et les chagrins cachés, mais réels. Qui croirait que l'empressement pour les spectacles, que les éclats et les applaudissements aux théâtres de Molière et d'Arlequin, les repas, la chasse, les ballets, les carrousels couvrissent tant d'inquiétudes, de soins et de divers intérêts, tant de craintes et d'espérances, des passions si vives et des affaires si sérieuses?

 

65

Ø  Les roues, les ressorts, les mouvements sont cachés; rien ne paraît d'une montre que son aiguille, qui insensiblement s'avance et achève son tour : image du courtisan, d'autant plus parfaite qu'après avoir fait assez de chemin, il revient souvent au même point d'où il est parti.

l    Analysez le rapport entre le temps et l'ironie

 

De l’homme

1

Ø  Ne nous emportons point contre les hommes en voyant leur dureté, leur ingratitude, leur injustice, leur fierté, l'amour d'eux-mêmes, et l'oubli des autres : ils sont ainsi faits, c'est leur nature, c'est ne pouvoir supporter que la pierre tombe ou que le feu s'élève.

l    L'homme est-il foncièrement mauvais?

 

6

Ø  Un homme inégal n'est pas un seul homme, ce sont plusieurs

l    comment peut-on être "plusieurs"?

 

14

Ø  Est-il possible de corriger les hommes par le moyen de la satire?

Ø  cf. Molière, dans la préface de Tartuffe

 

19

Ø  La vie est courte et ennuyeuse : elle se passe toute à désirer.

l    !?

 

29-30

Ø  quel est le rapport entre #29 et #30?

 

Question

Ø  Qu'est-ce que les observations sur les enfants permettent à La Bruyère d'avancer comme observations sur l'humanité? et les vieux?

 

De la mode

1

Ø  Quels sont les défauts de l'humanité qui sont révélés par la discussion sur la mode?

 

2

Ø  Quel est le rapport entre la mode et la curiosité?

Ø  Quels sont les "différents genres de curieux" dont parle La Bruyère?

Ø  Qu'est-ce qu'il dit sur le savoir, et comment comprenez-vous ces remarques dans le contexte de votre propre éducation?

 

3

Ø  Le duel et l'interdiction du duel au XVIIe

 

5, 15, 31

Ø  Analysez la temporalité et la diachronie de la mode vs. la vertu

 

11

Ø  Il y a autant de faiblesse à fuir la mode qu'à l'affecter

l    Expliquez cette observation

 

12

Ø  la tête des femmes = la base d'un édifice!

 

14

Ø  Quels défauts humains sont représentés par Iphis?

Ø  Comment La Bruyère utilise-t-il l'ironie ici?

 

24

Ø  Onuphre et Tartuffe

Questions générales

Ø  Dans quelle mesure et dans quels contextes les réflexions de La Bruyère peuvent-elles s'appliquer au monde d'aujourd'hui?

Ø  Y a-t-il des passages qui auraient pu être placés dans un autre chapitre?

Ø  Comment La Bruyère poursuit-il le travail d'un moraliste?

 

La fin (Des esprits forts 50)

Ø  Si on ne goûte point ces Caractères, je m'en étonne; et si on les goûte, je m'en étonne de même.

Ø  Var. Si l'on ne goûte point ces remarques que j'ai écrites…

 

La prochaine fois: Madame de Sévigné

 

Ø   Une dame noble, qui vivait en Bretagne, des fois à Paris, et qui a écrit énormément, dans un style très particulier ("cet art ambigu" [Raffalli 27])

Ø   Des lettres personnelles, publication posthume

Ø   La plupart sont écrites à sa fille, Françoise-Marguerite de Grignan

Ø   La difficulté des références culturelles et historiques