Mme de Sévigné

Les lettres

 

Madame de Sévigné (1626-96)

n    Née Marie de Rabutin Chantal, deviendra plus tard marquise de Sévigné

n    Elle fait partie d'une ancienne famille noble de Bourgogne

n    Ses parents sonts morts pendant qu'elle était très jeune.

n    Elevée par son oncle et sa tante, Philippe et Marie de Coulanges.

n    Elle passe sa jeunesse parmi ses cousins, dont Roger comte de Bussy-Rabutin

n    Elle se marie avec le baron Henri de Sévigné en 1644

n    C'était un coureur de femmes, paraît-il

n    Il dépensait l'héritage de la famille

n    Il est mort en 1651, dans un duel pour une de ses maîtresses, Mme de Gondran

n    Avant la mort de Henri, ils ont deux enfants

n    1646 Françoise-Marguerite, qui deviendra comtesse de Grignan

n    1648 Charles

n    La plupart des lettres de Mme de Sévigné sont écrites à sa fille

 

Un personnage connu

n   en 1657 Mlle de Scudéry (Sapho) donne dans la Clélie un portrait de Mme de Sévigné sous le nom de Clarinte

n   Mme de Lafayette, portrait dans la Galerie de Mlle de Montpensier

n   Le dictionnaire des précieuses de Somaize

n   Bussy donne un portrait satirique et cruel pour se venger contre sa cousine, qui avait refusé de lui prêter de l'argent lors d'une campagne militaire

n   L'histoire amoureuse des Gaules (1665, "Histoire de Mme de Cheneville")

n   Sévigné est profondément blessée

 

L'histoire amoureuse des Gaules

n    "Il n'y a point de femme qui ait plus d'esprit qu'elle . . . sa manière est divertissante"

n    mais "elle veut être trop plaisante"

n    "Avec tant de feu, il n'est pas étrange que le discernement soit médiocre"

n    "la plus grande marque d'esprit qu'on lui peut donner, c'est d'avoir de l'admiration pour elle; elle aime l'encens"

n    "Elle est d'un tempérament froid, au moins si on en croit feu son mari"

n    "elle se laisse un peu trop éblouir aux grandeurs de la cour"

n    "L'amitié de Mme de Sévigné a d'autres limites: cette belle n'est amie que jusques à la bourse"

 

Mme de Grignan

n   En janvier 1669 Françoise-Marguerite se marie avec le comte de Grignan, qui habite en Provence

n   Mme de Sévigné habite soit en Bretagne, soit à Paris

n   Mme de Grignan part rejoindre son époux en Provence au mois de février 1671

 

Le contexte politique

n    Mme de Sévigné était une grande amie (soupçonnée même d'avoir été maîtresse) de Nicolas Fouquet, surintendant des finances sous Louis XIII

n    Prise de pouvoir par Louis XIV (1661)

n    arrestation de Fouquet, motivée par Colbert, 1er ministre sous Louis XIV

n    Fouquet est accusé d'avoir volé des sommes énormes à l'Etat

    Dans une de ses cassettes il y a des lettres de la marquise, que le roi trouve amusantes

n    Fouquet condamné à l'emprisonnement à vie, 1664

 

Les lettres

n    Un cas particulier

n    Ce sont des lettres personnelles, mais...

n    Bussy-Rabutin en donne quelques-unes à Louis XIV en 1680

n    Ce sont des lettres que la marquises a écrites entre 1673-75

n    Mme de Sévigné s'inquiète, mais assure son cousin qu'il n'a "rien fait que de bien, et c'en est un fort grand de pouvoir divertir un tel homme, et d'être en commerce avec lui" (1.17.1681)

 

Les lettres

n     Vers l'époque de la mort de la marquise, plusieurs lettres sont publiées dans les mémoires et la correspondance de Bussy-Rabutin

n     Une collection anonyme de 28 lettres paraît à Troyes en 1725

n     Une édition de 134 lettres est publiée à Rouen la même année

n     Pauline de Simiane, petite-fille de Mme de Sévigné, détruit presque toutes les lettres de sa propre mère Mme de Grignan

n     Elle détruira plus tard presque toutes les lettres de Mme de Sévigné (il n'en reste que 40, ou 4,65% de la totalité de la correspondance imprimée)

n     Une autre édition sort sans l'approbation de Pauline de Simiane, à la Haye, en 1726

 

Les lettres

n     La première édition officielle sera celle de Denis-Marius de Perrin en 1734

n     Entre 1734-54, Perrin publie plus de 700 des lettres de Mme de Sévigné

n     Au XIXe siècle, la première édition critique paraît: l'édition Monmerqué (1305 lettres)

n     "Grands écrivains de la France": plus de 1500 lettres paraissent en 1862

n     En 1873, Charles Capmas, professeur de droit à Dijon, découvre un ensemble de lettres chez un bouquiniste: les Lettres inédites de 1876 en sont le résultat

n     Gérard-Gailly: édition de la Pléiade, 1953-57

n     Roger Duchêne: Pléiade, 1972-78 (considérée comme l'édition "définitive")

 

L'introduction de Raffalli

n   La victoire sur le temps par la lettre 11

n   Peut-on parler d'oeuvre? 11

n   Claudel: "un récit vif qui se faufile à travers le lourd dessin de l'histoire officielle" 15

 

n   "La lettre se plaît à jouer avec les mots"

   Trouvons des exemples

 

n   "Grande oeuvre égotiste" 19 --?

n   Rapport entre mère et fille "Mme de Grignan aime mieux lui écrire ses sentiments que les lui dire!" 19

 

n   Lettres comme:

   Journal intime

   Gazette

   Livre multiple et mobile 20

 

n   "Elle transforme le genre" 21

n   L'intertextualité 22

 

n    Caricature et ironie 25

n    "cet art ambigu" 27

n    La "'valeur picturale' de son écriture"

   Des exemples?

n    "installer solidement l'art dans le réel" 28

n    "les Lettres sont, en prose, poème de désir et d'attente" 31

n    "une des plus belles tragédies de la parole qui soient" 33

 

Mme de Sévigné

Les lettres

8.19.1652

n   je ne fais simplement que me plaindre de l'infidélité de nos courriers et me loue si fort de votre tendresse et de votre amité

n   Il ne tiendra qu'à vous désormais d'être bizarre et inégal, car je me sens résolue à vous mettre toujours dans votre tort, par une patience admirable.

 

11.25.1655

n   Sous ombre que vous écrivez comme un petit Cicéron, vous croyez qu'il vous est permis de vous moquer des gens.

n   amitié solide vs. amitié tendre

 

7.24.1657

n   La lettre et l'information: il y a trois jours que je n'ai vu la Gazette

 

11.17.1664

n   Fouquet sur la sellette

n   Les interrogations continueront, et je continuerai à vous les mander fidèlement. Je voudrais seulement savoir si mes lettres vous sont rendues sûrement.

 

11.28.1664

n   il a dit des merveilles

n   On trouve qu'il dit trop bien.

 

12.9.1664

n    Je vous assure que ces jours-ci sont bien longs à passer, et que l'incertitude est une épouvantable chose

n    Je lui disais avec la plus grande vérité du monde que si nous avions un arrêt tel que nous le souhaitons, le comble de ma joie était de penser que je vous enverrais un homme à cheval, à toute bride, qui vous apprendrait cette agréable nouvelle, et que le plaisir d'imaginer celui que je vous ferais, rendrait le mien entièrement complet.

 

12.19.1664

n   il faut que vous sachiez que M. Colbert est tellement enragé, qu'on attend quelque chose d'atroce et d'injuste qui nous remettra au désespoir.

 

12.20.64

n   Louez Dieu, Monsieur, et le remerciez : notre pauvre ami est sauvé. Il a passé de treize à l'avis de M. d'Ormesson, et neuf à celui de Sainte-Hélène. Je suis si aise que je suis hors de moi.

 

12.21.64

n   Je mourais de peur qu'un autre que moi vous eût donné le plaisir d'apprendre la bonne nouvelle.

n   traitement de Fouquet: on ne lui permet pas de voir sa femme; on lui ôte son médecin et son valet de chambre

 

8.1.67

n   petite compagnie

n   le mérite de Pomponne, en tant qu'ambassadeur, le tient loin de la marquise

n   un aperçu personnel de la guerre

n   le Roi s'amuse à prendre la Flandre . . . Presque tout le monde est un inquiétude ou de son fils, ou de son frère, ou de son mari

 

6.6.68

n   ridicule, sottise, et mauvaise plaisanterie

 

6.26.68

n   un fort joli portrait de moi

   de retour, elle l'accuse de vanité d'écrivain

n   ce cruel portrait

   mais elle l'apprécie!

n   Etre dans les mains de tout le monde

n   Je verbaliserai toujours

 

8.28.68

n   donnée au public

n   répandue dans les provinces

n   je ne vous donne pour pénitence, c'est-à-dire pour supplice, que de méditer sur toute l'amitié que j'ai toujours eue pour vous

n   Il y a plaisir d'étaler une bonne chevalerie, quand on y est obligé.

 

7.6.70

n   comparer le début avec l'email

n   Je trempai ma plume dans mon fiel

n   Je ne suis plus ni jeune ni jolie, on ne m'envie point; je suis quasi grand-mère, c'est un état où l'on n'est guère l'objet de la médisance

 

12.15.70

n   la devinette--la lettre comme jeu

n   analyse du style

 

1.16.71

n   les conditions météorologiques et le voyage prévu de Mme de Grignan

 

2.6.71

n   comment décrit-elle les émotions causées par la séparation avec sa fille?

 

2.9.71

n   J'ai une carte devant les yeux

 

2.11.71

n   la louange de l'écriture de sa fille

 

2.20.71

n   L'incendie de la maison des Guitaut

   Comment Sévigné en fait-elle une sorte de drame?

   Qui sont les personnages principaux de ce drame?

   Les événements?

   Les images les plus importantes?

   Les objets qui jouent un rôle?

 

Sujets

n    Analyse des endroits où Mme de Sévigné observe sa propre activité d'épistolière

n    la poste

n    la géographie

n    la vie sociale

n    la lettre comme gazette: quelles sont les nouvelles qui y sont communiquées? Comment le reportage se fait-il? sous quel point de vue? dans quels termes?

n    intertextualité

n    les formules de politesse au début et à la fin: conventions et jeux sur les formules

n    le langage de l'amour maternel