Mise en spectacle sexuelle et textuelle du corps
Session Coordinators: Carla Calargé and Fara Rabenarivo
Dept. of French and Italian
555 Phillips Hall, Iowa City, IA 52242
carla-calarge@uiowa.edu and fara-rabenarivo@uiowa.edu
The “Tragic Mulatta” as Metaphor in George Sand’s Indiana
The heroines of George Sand’s novel Indiana are often characterized as doubles: both are créoles, both are physically similar, both fall in love with the same man, and are both subject to slavery. Their lives parallel each other but with one key exception: Noun perishes while Indiana is saved. One explanation for this outcome is that Noun is killed because of her mixed race heritage. According to Sterling Brown, the mulatta character is predisposed to tragedy: “The whole desire of her life is to find a white lover, and then go down, accompanied by slow music, to a tragic end. Her fate is so severe that in some works disclosure of ‘the single drop of midnight’ in her veins makes her commit suicide” (196). I propose that both of these characters exhibit characteristics of the Tragic Mulatta stereotype as defined by Brown, but with one crucial difference separating them: the manner in which Noun’s life takes a tragic turn. Moreover, I argue that Sand uses the space of racial difference, which is non-explicit, to describe the pathos of being a woman. The figure of the Tragic Mulatta becomes a metaphor for femininity, which eclipses social justice issues for Sand.
Molly Enz
University of Wisconsin in Madison
mollyenz@yahoo.com
Rêve(s) d’Amour de Marie Chauvet
En 1968, Marie Chauvet quitte Haïti, son pays natal, avec, dissimulé dans ses valises, le manuscrit de son roman Amour, Colère et Folie. Peu de temps après, la nouvelle de la publication imminente du triptyque, aux éditions Gallimard, est cause de son exil permanent. À partir de la perspective singulière –surtout à l’époque- d’une élite mulâtresse et bourgeoise, Marie Chauvet décrit les différentes formes d’injustices qu’elle perçoit dans son pays (raciales, sociales, économiques, politiques, sexistes) en s’opposant à tout système patriarcal d’oppression, y compris celui du gouvernement Duvalier.
Nous proposons de limiter notre lecture au premier texte « Amour » du triptyque et, nous nous intéressons à la manière particulière suivant laquelle la violence s’inscrit dans le corps psychique de la protagoniste, Claire, dans ce roman. Nous suggérons qu’une lecture, à la lumière des apports de la psychanalyse (et, surtout des conclusions Lacaniennes), permet de voir dans ce texte une riposte aux violences du milieu haïtien de l’auteur et de la protagoniste.
Fara L. Rabenarivo
University of Iowa
fara-rabenarivo@uiowa.edu
(Re)lier… délier: histoire d’une ceinture
Ahmed Abodehman est le premier écrivain d’Arabie à écrire en français. Son roman La Ceinture (2000) retrace, de manière très poétique, son enfance et son adolescence dans les montagnes de l’Assir ainsi que la vie et les coutumes des Kahtanis, tribu à laquelle il appartient.
Un jour, toutefois, la modernité fait irruption dans ce village reculé: le gouvernement y construit une école. C’est alors, pour Ahmed, le début d’une aventure qui le changera à jamais et qui commence par une modification des rapports que son corps entretient avec son environnement.
Le but de cette étude est d’examiner l’évolution qui s’opère dans le héros en ce qui concerne le port de la ceinture et du poignard lesquels, chez les Kahtanis, sont les attributs des véritables hommes. A travers un examen du symbolisme de ces deux objets je montrerai comment le héros finit par rejeter la conception phallocentrique et traditionnelle du monde pour adopter une autre, plus souple, pouvant concilier le passé et le présent, les hommes et les femmes, la tradition et la modernité, l’ici et l’ailleurs.
Carla A. Calargé
University of Iowa
carla-calarge@uiowa.edu
Dérision poétique et réification érotique : « Les Assis » de Rimbaud
En prenant l’exemple du poème « Les Assis », force est de constater que la rhétorique est un instrument prépondérant dans les rouages de la révolution poétique rimbaldienne. Il est en effet pertinent de relever que ses projets de Voyance le mènent principalement à la mise en scène de la dérision, et ce par un ensemble de perversions textuelles et de subversions lexicales par exemple. L’importance des métaphores et autres figures microtextuelles devient le point de départ d’une esthétique du grotesque à tendance presque surréaliste, et offre une véritable parodie à laquelle vient se greffer la caricature qui s’affirme élément incontournable de la rhétorique. Du cynisme à l’affreux, Rimbaud brosse l’atroce portrait de ces assis à la frontière entre l’homme et la chaise.
Développant les thèmes de la vieillesse et de la maladie – qui rejoignent inexorablement ceux de l’inactivité et de l’immobilisme, Rimbaud propose à son lecteur une curieuse scène, entre la réification de l’homme et l’humanisation de l’objet. Il s’agit là de passion fusionnelle, d’une quasi métamorphose. Les particularités lexicales et ce processus de mutation fantasmagorique – composantes les plus marquantes de cette parfaite caricature – seront au centre de cette communication. Il s’agira tout d’abord de déchiffrer le symbolisme de ces singuliers personnages avant d’en interpréter la représentation végéto-animale. Ainsi, on conviendra que, curieusement, la satire sociale devient parodie érotique.
Candice Nicolas
The Ohio State University
mllenicolas@yahoo.com